15 Avril 2019. Un incendie dévaste la charpente de la cathédrale. La planète est sous le choc.

«Rassembler les enfants de la terre»

Rassembler les enfants de la terre

Notre-Dame, pourquoi cet incendie ?

L’embrasement, l’étreinte, le besoin de faire surgir comme d’un volcan le feu de l’Amour divin. L’expression de l’amour venue des entrailles de la Terre, qui se montre au grand jour, pour que tous constatent sa puissance, sa magnificence. C’est un foyer de rassemblement des peuples, mais certainement pas une punition. Une manifestation du Feu divin avant la Pentecôte, un besoin urgent d’éclairer les âmes. Que partout, dans le regard des peuples du monde entier, ce message soit perçu et reçu. L’importance du témoignage, que les hommes en soient les témoins. Hier soir, Notre-Dame en son cœur a offert le foyer de cet Amour divin.  Puisque les hommes doivent voir pour croire, ils ont vu.

Oui, mais que comprendre ?

La puissance des forces que les hommes ne maîtrisent pas. En fait cette nuit a été un accouchement. L’église s’est offerte comme un utérus. Notre-Dame : le berceau, le ventre d’un Feu divin.

Pourquoi maintenant ?

L’éclosion, la date du terme.

De quel terme ?

Celui d’une époque et de ses paradigmes.

À une naissance de quelle nature avons- nous assisté ?

À la naissance de forces qui dépassent l’entendement de l’homme. Que celui-ci ne se croit pas capable de tout dominer. Le feu s’est contenu, a souhaité se contenir dans cet embrasement.

Comment l’incendie est-il né ?

Double alimentation : alignement de deux pôles qui créent l’étincelle. Association du plus et du moins qui a permis au courant de passer. La flèche a capté, c’est passé par elle. Réunion de deux forces, accouplement dit-on pour la venue. La naissance d’une mort. On ne bâtit pas sur les décombres. Il doit y avoir une autre manière d’envisager la reconstruction. Erreur, de vouloir reconstruire à l’identique. C’est une nouvelle époque qui doit, après cet incendie, naître. Son incidence : une nouvelle ascension.

Que devons-nous retenir de ce symbole de l’église en flamme dans la nuit ?

Le lotus éclos dans le marais. Clairement, l’appel à de nouvelles forces. Un dieu d’une autre nature, une autre perception qui fédère les peuples, non par un dogme et des préceptes, mais par une cohésion. Hier, le rassemblement de la terre a créé une cohésion des peuples du monde, une empathie sans précédent. Une vraisemblance de la nature humaine. L’homme a pu voir ce dont il était capable : aller au-delà de ses jugements et des discriminations. C’est le feu du ventre de la Terre qui s’est manifesté. Un feu, mais aussi un brasier purificateur et non pénitencier. Notre-Dame s’est offerte ! Un geste féminin, un pendant à celui du Fils de l’homme. Celui de la mère de l’homme, pour rassembler les enfants de la Terre. Les hommes se sont donnés la main, pas de causes, pas d’injustices, pas de colères, pas de jugements, pas de rancœurs, tout au plus des larmes pour ceux qui en avaient besoin, de la compassion pour les autres en cette semaine de la Passion. L’homme a pu sentir sa capacité de compassion, et avec elle, découvrir l’élan d’énergie de paix et d’humilité qu’elle suscite. Hier soir était un chemin, pas un chemin de croix, mais un chemin de soi ! Une étape, et il y en aura d’autres. L’ère de la femme et de la flamme intérieure, davantage que celle de l’homme porté au pinacle dans les hauteurs de la flèche

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Vos commentaires
30.11.2020 | Françoise Castan

Je suis touchée par la dimension purificatrice de cette parole et non pas punitive. Oui, je pense en effet que l’Homme, et aussi l’homme, a besoin de réaliser que des dimensions le dépassent et qu’il doit cesser de penser être capable de tout contrôler, même si c’est un bâtisseur de cathédrales magnifiques et de flèches dont il pense qu’elles touchent le ciel. Le feu s’embrase dans d’autres lieux sur notre Terre en ce moment, incontrôlables, symboles de nos limites et de notre capacité de destruction de ce qui nous porte et nous nourrit et témoignage de notre ignorance des magnifiques lois divines qui régissent la création.
Interrogeons-nous et tournons nous vers une autre ère, plus humble et consciente et plus féminine sans doute, de cette féminité que la Terre représente.

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